Pourquoi et comment préserver les zones humides ?

2 février 2023

Le 2 février n’est pas seulement le jour de la chandeleur. C’est également la Journée mondiale des zones humides. L’occasion pour notre cabinet d’expertise en biodiversité de vous sensibiliser à ces écosystèmes d’intérêt planétaire.

Les zones humides

Dans le monde

Également appelée milieu humide, la notion de zone humide désigne un large spectre d’écosystèmes dont la dynamique est fortement influencée par la présence temporaire ou permanente de l’eau.

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Ces zones, en effet, ne sont ni complètement terrestres, ni complètement aquatiques. Elles peuvent prendre de très nombreuses formes, que l’on regroupe généralement en cinq types principaux, à savoir les zones humides :

  1. marines : zones humides côtières comprenant des lagunes côtières, des berges rocheuses et des récifs coralliens
  2. estuariennes : y compris des deltas, des marais cotidaux et des marécages à mangroves
  3. lacustres : zones humides associées à des lacs
  4. riveraines : zones humides bordant des rivières et des cours d’eau
  5. palustres : ce qui signifie « marécageuses » – marais, marécages et tourbières

Sans compter les zones humides artificielles : étangs de pisciculture, rizières, marais salants…

La Convention de RAMSAR, traité intergouvernemental dédié à la conservation des zones humides, les répartit en trois catégories : les zones humides marines et côtières, les zones humides continentales et les zones humides artificielles.

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En Belgique

En Belgique comme ailleurs, les zones humides sont des écosystèmes importants. Parmi les différentes zones présentes sur notre territoire, nous pouvons citer :

  1. Les eaux courantes, qui occupent une grande superficie chez nous.
  2. Les eaux stagnantes, telles que les étangs, mares…
  3. Les zones inondables (prairies humides, forêts alluviales, fonds de vallée, ripisylves…)
  4. Les zones hygromorphes (tourbières, marais, roselières…)

Autant de milieux naturels ou semi-naturels qui abritent une grande partie de la faune et de la flore dans nos régions et qui assurent un rôle écologique certain, en plus de nombreux services écosystémiques.

L’importance des sites humides

Un réservoir de biodiversité

Présents sur l’entièreté du globe, ces écosystèmes humides abritent une multitude d’espèces animales et végétales en raison de la présence de l’or bleu. La faune y est particulièrement concentrée notamment en oiseaux, amphibiens, poissons, insectes et autres invertébrés. En matière de flore, on y retrouve une végétation spécifique caractérisée par de nombreuses espèces hygrophiles (“qui apprécient l’eau”) telles que sphaignes, aulnes, roseaux, massettes, etc.

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Pour chacune de ces espèces, les zones humides représentent un lieu de reproduction, de nourriture, de repos. Il est donc indispensable de les conserver et de les restaurer pour garantir la survie de cette faune et flore. Plus encore, il faut repenser nos paysages selon les bons principes du maillage écologique et de la réhabilitation de zones humides, afin de favoriser le déplacement des espèces et le brassage génétique qu’il permet.

De nombreux services écosystémiques

Zones humides et gestion de l’eau

Les zones humides jouent un rôle clé dans les cycles hydrologiques : elles stockent l’eau et la libèrent ensuite lentement, contribuant ainsi à la régulation du débit des cours d’eau et des nappes phréatiques (ce qui permet d’éviter les crues et inondations).

Elles contribuent également à la purification de l’eau grâce aux différents micro-organismes qui les composent et qui ont une action sur les particules polluantes. Enfin, elles sont l’une des rares sources d’eau douce sur terre.

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Une aide pour lutter contre le changement climatique

Les milieux humides ont de nombreuses fonctions qui constituent une aide bienvenue pour lutter contre les changements climatiques :

  1. Pour les sols et leur biodiversité, elles compensent les sécheresses que nous subissons de plus en plus fréquemment.
  2. En milieu urbain, elles rafraîchissent les habitants des villes.
  3. Elles constituent un puits de carbone, c’est-à-dire qu’elles stockent le carbone dans les plantes et le sol, atténuant ainsi les changements climatiques. À elles seules, en effet, elles stockent près de 30% de tout le carbone terrestre.

Un rôle socio-culturel et économique

Les zones humides fournissent de très nombreuses ressources alimentaires : les poissons, les crustacés… mais aussi le riz ou le sucre de canne qui se cultivent dans ces écosystèmes ou encore le sel qui provient des marais salants.

Ce sont également des sites touristiques importants, avec une valeur paysagère reconnue et de nombreuses activités possibles (navigation, pêche…). Au total, plus d’un milliard d’humains vivent de la pêche, de l’aquaculture ou du tourisme grâce aux zones humides.

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De la nécessité de préserver les zones humides

Préserver et restaurer : une urgence

Pour toutes les raisons citées précédemment, il est essentiel de protéger et restaurer autant que possible ces écosystèmes particuliers. Et l’urgence est au rendez-vous lorsque l’on sait que :

  1. les zones humides du monde entier disparaissent 3 fois plus vite que les forêts
  2. une espèce d’eau douce sur trois ainsi que 25% de toutes les espèces des zones humides sont menacés d’extinction à cause de la disparition de leur milieu de vie
  3. 81% des espèces terrestres des zones humides et 36% des espèces côtières et marines ont décliné ces 50 dernières années

Ces chiffres inquiétants sont en grande partie le fait des activités humaines. Les zones humides, en effet, sont détruites ou dégradées pour les besoins de l’agriculture ou le développement urbain. Elles subissent également de plein fouet la pollution de l’eau, la surpêche ou encore l’arrivée d’espèces envahissantes.

La Convention RAMSAR

Mission et objectifs de la Convention

Signée en 1971 à Ramsar (en Iran), la Convention sur les zones humides est l’unique traité environnemental consacré à un écosystème particulier. Son caractère mondial le rend d’autant plus exceptionnel.

Sa mission consiste à favoriser partout dans le monde la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides.

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Researcher holds a test tube with water in a hand in blue glove

En signant la Convention, les parties contractantes s’engagent à mettre en œuvre différentes mesures prises à un niveau national mais aussi à coopérer avec les autres nations pour contribuer au développement durable mondial. La Convention s’appuie, en effet, sur trois grands piliers stratégiques, chacun d’eux déterminant les différents objectifs à atteindre. Ces trois buts stratégiques sont :

  1. S’attaquer aux moteurs de la perte et de la dégradation des zones humides
  2. Conserver et gérer efficacement le réseau des Sites RAMSAR
  3. Utiliser les zones humides de manière rationnelle

Les zones RAMSAR en Belgique

En Belgique, la Convention RAMSAR est entrée en vigueur le 04 juillet 1986. On peut trouver en Wallonie les zones RAMSAR suivantes :

  1. Le Parc Naturel de la Haute-Sûr et de la Forêt d’Anlier en Province du Luxembourg
  2. Le Parc Naturel Hautes-Fagnes-Eifel en Province de Liège
  3. Les Marais d’Harchies-Hensies-Pommeroeuls dans la Province du Hainaut
  4. La Grotte des Émotions en Province de Liège

Les autres législations belges pour les préserver

En Belgique, il existe plusieurs législations et statuts de protection dont l’objectif est de favoriser la conservation des zones humides sur notre territoire.

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Les statuts de protection des sites naturels

En plus des zones Ramsar, bien d’autres statuts de protection officiels jouent un rôle dans la préservation des zones humides :

  1. Les zones humides dites “d’intérêt biologique” (ZHIB) : arrêté exécutif régional en application depuis 1994 en Wallonie qui interdit de cueillir, endommager ou détruire les espèces végétales ainsi que de chasser, capturer ou perturber les espèces animales de ces milieux.
  2. Les réserves naturelles domaniales (RND), qui désignent les terrains publics gérés par le Service Public de Wallonie.
  3. Les réserves naturelles agréées (RNA), qui sont gérées par une personne physique ou morale autre que la Région wallonne et qui est reconnue à ce titre.
  4. Et depuis peu, les deux premiers parcs nationaux belges : les parcs nationaux de l’Entre-Sambre-et-Meuse et de la Vallée de Semois.

Les législations liées à la biodiversité

D’autres législations liées à la biodiversité participent également à la conservation des zones humides belges. En Belgique, en effet, de nombreuses espèces animales et végétales qui vivent dans ces écosystèmes sont protégées.

C’est le cas par exemple d’oiseaux comme le Martin-pêcheur d’Europe ou encore la Grande aigrette, d’amphibiens tels que la salamandre tachetée ou le crapaud calamite, ainsi que de nombreuses plantes : Drosera à feuilles rondes, Orchis de mai et bien d’autres espèces végétales. Or la protection de ces espèces nécessite le maintien de leur milieu de vie et donc des zones humides.

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E-Biom, votre partenaire en biodiversité

Cabinet d’expertise, E-Biom travaille main dans la main avec les autorités compétentes pour étudier les différents écosystèmes de nos régions et mettre en place les actions nécessaires à leur préservation. Spécialisés dans la méthode d’analyse de l’ADN environnemental, nos experts réalisent différentes missions, telles que le suivi d’espèces envahissantes, l’étude de la répartition des amphibiens, la détection d’espèces dans des milieux définis, etc.

Crédit photos : Armando Espinosa – Compte instagram : armandoespinosap3